16/06/07
LA POLLUTION ET LE LIVRE .
En matière décologie appliquée au marché du livre, il ne faut pas se contenter
de la simple contribution de certains éditeurs à nemployer que du papier recyclé
et certifié, ou éventuellement à utiliser des encres moins nocives, il faut aussi
sinterroger sur les moyens qui peuvent être mis en place sur toute la chaîne du
métier du livre qui va de léditeur au lecteur, et en particulier sur le pôle
diffusion-distribution-transport qui est au centre de son dispositif de commercialisation.
Entre la fabrication polluante du papier, son transport depuis les lieux de production
vers les imprimeries, les livres qui sont imprimés à létranger, en Europe, voire
en Asie, pour être acheminés vers les lieux de stockage des éditeurs en France, ou vers
les entrepôts de distribution, lesquels sont ensuite remis aux transporteurs, pour être
acheminés par petits colis, voire à lunité vers les libraires ( pour cette
sacro-sainte gestion en flux tendu ), être retournés trois mois plus tard dans une
proportion de 30%, et être conduits ensuite vers les centres de pillonnage, on peut
affirmer que le métier de lédition tout en enrichissant amplement les
transporteurs, contribue à des émanations très importantes de C02 dans
latmosphère, à chaque étape du processus. Il serait intéressant de
sarrêter au calcul de la quantité de pollution que cela représente pour chaque
livre, entre la fabrication et les différents transports, et à sa contribution non
négligeable au réchauffement climatique, dun bout à lautre de sa vie,
quon en serait probablement effaré.
Un autre aspect dont on se garde de ne jamais parler, est celui de la diffusion, avec à
proprement parler le problème des déplacements des agents commerciaux, pour aller
présenter régulièrement les programmes de parutions aux libraires au travers toute la
France. Ce problème vaut dailleurs pour tous les activités de ventes qui
consistent à aller prendre des commandes de marchandises auprès des revendeurs. Entre le
temps passé sur les routes au volant de leurs voitures, le temps passé à attendre les
interlocuteurs, qui une fois sur trois nest pas là, et na pas pris le temps
de prévenir le commercial itinérant, le temps de la vente ou de la négociation, et là
aussi la pollution supplémentaire quengendre ces déplacements, alors quil
existe aujourdhui dautres moyens de traiter des commandes à distance ( par
fax, par internet, par téléphone, et même par simple courrier), on peut
sinterroger de savoir pourquoi ces nouveaux moyens fonctionnent très mal en France,
alors que lapplication en est si facile, et serait un gain considérable de temps
pour tous les interlocuteurs, mais aussi un gain très appréciable en faveur de
lenvironnement.
Dans cette responsabilité globale face à la pollution
générée par la chaîne du livre, les revendeurs, et pour ce qui nous occupe, les
libraires, mais aussi la grande distribution ont une part importante. Car une conduite
gagnante en temps, en énergie, en disponibilité pour leurs clients, et surtout en
matière de contribution à la lutte contre la pollution serait de prendre en compte le
fait quil nest plus tout à fait utile avec les moyens
daujourdhui, et surtout avec internet, quun commercial se déplace
jusquà eux pour passer commande. Avec la volonté, le respect et léquité à
légard de chaque fournisseur ou diffuseur, sans parti pris dexclusion (
contrairement à ce qui se passe aujourdhui ), et celui dun peu de temps
consacré à la lecture des argumentaires transmis pour chaque livre, par courrier, mail,
ou fax, suivi de lusage par les mêmes moyens et du téléphone pour transmettre une
commande en proportion objective de son potentiel de ventes, ou de ses envies de
promouvoir tel sujet, tel auteur, ou tel éditeur, le libraire pourrait contribuer
amplement aussi à son niveau, à la limitation de la pollution engendrée par cette
chaîne, dont il est le maillon final, et ce au profit également de ses autres
impératifs de gestion.
Si un label " papier recyclé " existe déjà, au début de la
chaîne, on pourrait ainsi attribuer également en bout de chaîne, un label "
commerce participant à lamélioration de lenvironnement " aux
libraires et revendeurs, sengageant avec les éditeurs et les diffuseurs avec ce
processus volontaire, à repenser lorganisation de lensemble du système de la
commercialisation et de la circulation du livre.
JLB
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